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MBDA: l’exportation du missile Meteor vers l’Arabie Saoudite bloquée par Berlin

L’Allemagne ne souhaite pas que Riyad puisse en équiper ses Eurofighter Typhoon. Des entreprises allemandes concevant certains composants de l’armement

Le Meteor de MBDA, présenté au salon du Bourget, en 2015.

Le Meteor de MBDA, présenté au salon du Bourget, en 2015.
© MEIGNEUX/SIPA

Pas facile d’être un leader européen dans le secteur de l’armement alors que l’Europe de la défense reste une sorte de mirage. L’épine pour MBDA est l’exportation de son missile air-air Meteor, que le groupe souhaitait vendre à l’Arabie saoudite. Le hic, c’est que Berlin bloque les licences d’exportation du matériel allemand qui compose l’arme, rapporte La Tribune. Les composants en cause sont notamment la charge militaire, réalisée par l’entreprise TDW, et le système de propulsion, par la société Bayern Chemie. Toutes deux filiales du groupe et basées en Allemagne.

Représentations allemandes. Cette fois, ce n’est donc pas la puissance américaine et sa réglementation ITAR qui bloque l’export d’un missile de MBDA comme cela avait été le cas avec le missile de croisière SCALP qui devrait être vendu au Caire (l’affaire n’est pas réglée). Voilà le missilier empêché par la politique extérieure du gouvernement allemand, particulièrement exigeant concernant l’exportation d’armements en raison d’un passé lié à la Seconde Guerre mondiale qui pèse fort sur les représentations outre-Rhin et donc sur le jeu politique.

Au total, cinq autres pays ont coopéré avec Berlin pour développer le Meteor (la France, la Suède, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie). Le comble étant le fait que Riyad souhaite que les missiles Meteor de MBDA équipent… des avions de combat Eurofigter Typhoon, développés par… 4 pays européens. Riyad possède déjà 72 appareils et s’est dite prête à acquérir 48 avions supplémentaires à l’entreprise anglaise BAE Systems. MBDA avait pour sa part signé un contrat avec le royaume saoudien en 2014 pour l’export du Meteor. Le montant de la transaction est estimé à 1 milliard de dollars, selon le quotidien économique.

MBDA se dit satisfait de la LPM 2019-2024

Antoine Bouvier a été auditionné par la commission défense de l’Assemblée Nationale au sujet de la nouvelle loi de programmation militaire. Il s’est dit satisfait des ambitions de la LPM.

Après avoir rappelé la nécessité des lois de programmation militaire qui permettent aux industriels et aux opérationnels de visualiser l’avenir, Antoine Bouvier a mis en lumière les ambitions de cette nouvelle LPM. Celles-ci correspondent parfaitement aux objectifs stratégiques de MBDA. Antoine Bouvier a plus particulièrement mis en avant cinq points « de cohérence entre la stratégie de MBDA et la LPM ».

Un des points de conformité repose sur l’autonomie stratégique. S’il s’agit tout d’abord d’un cadre français, il est forcément indispensable à l’établissement de l’autonomie européenne. Antoine Bouvier rappelle alors qu’avec le SCALP, « MBDA est à l’avant garde de la coopération européenne ». MBDA participe par de nombreuses façons à la création de l’Europe de la Défense et joue un rôle moteur dans sa consolidation industrielle. L’approche de la LPM visant à renforcer l’Europe de la Défense et son autonomie correspond donc parfaitement à l’ambition de MBDA. Antoine Bouvier en a profité pour rappeler le poids du Royaume-Uni, malgré le Brexit. Il souhaite notamment qu’une forme d’association soit mise en place entre l’UE et le Royaume-Uni, afin de faire perdurer les coopérations déjà existantes.

L’industriel a également salué la priorité donnée aux objectifs capacitaires. Cela permet d’équiper les forces armées tout en maintenant la production industrielle.

La part consacrée à l’innovation représente également un élément important pour Antoine Bouvier, qui rappelle alors les travaux menés par MBDA afin de produire des technologies modernes, répondant à des besoins précis et internationaux. Et de ce point découle un autre lien entre la stratégie de MBDA et la LPM, à savoir l’exportation. L’industriel rappelle ainsi que les 2/3 de son chiffre d’affaires sont réalisés à l’export et que la promotion de l’industrie française est indispensable.

Antoine Bouvier s’est, dans un second temps, penché sur les programmes en cours. Il a salué l’importance donnée au programme nucléaire et à la composante aéroportée. Il est également revenu sur le programme de rénovation du SCALP lancé en 2016, sur le Meteor dont le service opérationnel est prévu pour 2019 ou encore sur l’Aster Block 1 NT dont le contrat de commandes de production devrait intervenir en 2022.

Une législation américaine bloque la vente de «Rafale» à l’Egypte par la France

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Un «Rafale» décolle du porte-avions «Charles-de-Gaulle» le 23 novembre 2015.REUTERS/ECPAD

L’information a été révélée par le journal économique français La Tribune. Une nouvelle vente de « Rafale » en Egypte serait bloquée à cause des Etats-Unis. Washington brandit sa législation sur les exportations d’armement pour compromettre la vente de missiles de croisière européen « Scalp » que l’armée égyptienne souhaite à tout prix monter sur ses « Rafale ». Jusqu’à la révolution égyptienne, Le Caire était un très bon client des Etats-Unis, mais les Français et les Russes ont effectué depuis une impressionnante percée dans ce pays. Les autorités françaises essayeraient donc de trouver un arrangement avec les Américains, pour qu’ils autorisent l’exportation vers l’Egypte, de composants fabriqués aux Etats-Unis entrant dans la fabrication de missiles européens.

C’est l’un des arguments de poids, des industriels de l’armement sur le vieux continent. « Acheter Européen, pour se soustraire à la domination américaine ». Mais les choses ne sont pas si simples, car les Etats-Unis disposent d’une carte maitresse dans leur jeu, la norme ITAR (International Traffic in Arms Regulation) destinée à réguler leurs ventes d’armes dans le monde.

Le problème, c’est qu’elle ne concerne pas uniquement les matériels fabriqués aux Etats-Unis, mais qu’elle peut s’appliquer à tout système d’arme étranger incorporant un composant américain. Dans le cas de l’Egypte, Washington s’offusquerait de la vente de missiles MBDA Scalp assemblés dans une usine du Loir-et-Cher dans le centre de la France mais dans lesquels se cachent des éléments fabriqués aux Etats-Unis. Il s’agit souvent de petites puces électroniques.

La question s’était déjà posée quand la France voulait vendre des Rafale au Brésil, mais cela n’avait finalement pas pesé significativement sur la négociation.

Joint par RFI, le Groupe Dassault certifie qu’il n’y a pas de composants américains dans ses avions de combat, mais qu’il y en a effectivement dans les missiles de croisières qu’emporte le Rafale.

L’application de la norme ITAR, n’est toutefois pas toujours aussi rigide. Sous l’administration Obama, la France n’avait pas eu trop à s’inquiéter des blocages de Washington pour vendre des armes au Moyen-Orient mais avec Donald Trump la donne est  différente.

Bourges : les Australiens intéressés par le pôle armement et défense

Une délégation australienne reçue en grande pompe à Bourges. A la mairie, puis dans plusieurs entreprises de l’aéronautique et de l’armement. Une délégation emmenée par le ministre au commerce de l’état de Victoria.


Philip Dalidakis, ministre du commerce de l’état de Victoria en Australie, reçu en mairie de Bourges © Radio France – Michel Benoit

L’Australie a acheté l’an dernier douze sous-marins à la France, et elle a d’autres investissements prévus dans le domaine de la défense. Bourges en est un pôle d’excellence. Cette visite a pour but de nouer un partenariat à long terme entre les PME du Cher et les entreprises australiennes, mais aussi à travers des échanges d’étudiants.

Pascal Blanc, président de l'agglomération de Bourges et Philip Dalidakis, ministre du commerce de l'état de Victoria. - Radio France
Pascal Blanc, président de l’agglomération de Bourges et Philip Dalidakis, ministre du commerce de l’état de Victoria. © Radio France – Michel Benoit

L’Australie  est un nouveau marché à conquérir, mais attention, ce sera donnant-donnant. Le ministre  Australien, Philip Dalidakis a insisté : son souhait, c’est de travailler à long terme avec la France. L’idée n’est pas simplement d’acheter du matériel français mais de réaliser des vrais échanges. Il faudra que nos entreprises ouvrent également leurs portes aux australiens. C’est logique pour Eric Lambert, directeur du Centre de ressources des industries de la défense :  » Il faut que chacun comprenne le marché de l’autre, et il est logique qu’il existe une certaine réciprocité. Côté français, nous aurons une approche très pragmatique. La première étape serala signature d’un accord de coopération avec la Victorian Defense Alliance, qui est le cluster de la défense, le plus avancé en Australie. » Cette signature pourrait avoir lieu à Paris en Juin.

Une bonne partie des membres du cluster de la défense de Bourges, participaient à ce petit déjeuner de travail avec la délégation australienne. - Radio France
Une bonne partie des membres du cluster de la défense de Bourges, participaient à ce petit déjeuner de travail avec la délégation australienne. © Radio France – Michel Benoit

Les australiens recherchent notamment des véhicules blindés qui pourraient être équipés de canons fabriqués à Bourges. Pour le président de l’agglomération de Bourges, Pascal Blanc, cette valorisation de notre industrie de la défense et de l’aéronautique va s’amplifier :  » On attend d’autres délégations, du Québec et d’Ecosse notamment. L’idée, maintenant que nous avons structuré ce secteur d’activité, grâce au CID (centre de ressources des industries de la défense) , c’est de favoriser les partenariats de nos PME à l’international, pour qu’elles ne dépendent pas seulement des grands donneurs internationaux que sont Nexter ou MBDA. » L’idée est aussi de multiplier les échanges d’étudiants. L’IUT de Bourges et l’INSA ne demandent pas mieux.

Défense aérienne : La Turquie s’oriente vers l’Aster franco-italien

A l’occasion de la venue à Paris du président Recep Tayyip Erdogan le 5 janvier, la Turquie a notifié au consortium franco-italien Eurosam, constitué de MBDA (67%) et Thales (33%) l’étude de définition du programme de futur système de défense aérienne à longue portée du pays. Ce contrat, d’une durée de 18 mois, implique les sociétés turques Aselsan et Roketsan. Il fait suite à un accord industriel intervenu en juillet puis à une lettre d’intention conclue par les ministres français, italien et turc de la Défense en marge du sommet de l’OTAN en novembre.

Pour l’heure, ce projet vise exclusivement la défense aérienne terrestre de l’armée turque, pour laquelle avait été précédemment annoncée l’acquisition de systèmes russes S-400, sans que cela soit dans les faits confirmé.

Eurosam et ses partenaires locaux vont travailler sur la base du système SAMP/T, équipé de missiles Aster Block1 puis à partir de 2023 du Block 1 NT, dont l’Italie va également développer une version navalisée pour ses frégates (la marine française s’est également dite intéressée).

Il conviendra à ce propos de voir si à l’avenir, en plus des systèmes terrestres, la flotte turque, qui souhaite se doter de nouvelles frégates de défense aérienne, pourrait adopter un tel système, qui en plus de la lutte anti-missile et antiaérienne, est également conçu pour la défense anti-missile balistique : contre des engins d’une portée de 600 kilomètres pour l’Aster B1 et de plus de 1200 kilomètres pour le B1 NT.

Bourges revendique son statut de pôle de Défense et d’armement

L'agglomération de Bourges va ouvrir en janvier 2018 un Centre de ressources des industries
de la Défense. Objectif : permettre aux entreprises du secteur de décrocher de nouveaux
contrats.

Le fameux VBCI des armées de terre (véhicule blindé de combat d’infanterie) © Maxppp – Photographe: Arnaud Beinat

Bourges, France

L’agglomération de Bourges va lancer en janvier 2018 le CID : Centre de ressources des Industries de la Défense, un pôle d’excellence dont l’objectif est de fédérer les acteurs de l’armement pour les aider à décrocher de nouveaux contrats. Ce centre sera installé sur le technopôle Lahitolle, la pépinière d’entreprises située à Bourges, qui doit son nom à Henry Périer de Lahitolle (1832-1879), ancien Lieutenant-colonel d’artillerie et inventeur du canon de 95 mm.

Quatre conseillers pour de la veille stratégique

Pour créer ce centre de ressources l’agglomération Bourges+ va faire appel à la société Victanis, un cabinet européen basé notamment au Royaume-Uni et en Allemagne. Quatre conseillers seront recrutés à Bourges pour faire de la veille stratégique, économique et politique. Exemple avec le marché australien. « Les Australiens ont par exemple un programme qui intéresse directement votre région, le programme Land 400 qui est le plan d’équipement de l’armée de terre australienne dans les prochaines années », explique Eric Lambert du cabinet Victanis à Bourges.

Prodiguer aux entreprises des technologies sur lesquelles elles peuvent se positionner »

« L’idée est de prodiguer aux PME-PMI une photographie précise des technologies sur lesquelles elles vont pouvoir se positionner et des mécanismes d’achat du Ministère australien de la Défense ». D’après lui, 60% de l’industrie terrestre française est située dans un périmètre de de 40 kms autour de Bourges. Avec ce nouveau pôle, l’agglomération berruyère espère ainsi attirer de nouvelles starts-up et surtout créer de l’emploi au niveau local.

8.000 salariés dans la région

L’agglomération de Bourges a déboursé 300.000 euros sur l’année 2018 pour financer ce projet. Le secteur Défense et armement fait travailler quelques 8.000 personnes dans la région. Les deux donneurs d’ordre principaux que sont MBDA ou NEXTER, fabricants de missiles et de munitions, font vivre eux-même des dizaines de sous-traitants.

MBDA livre les 50 premiers missiles MMP à la DGA

La Direction générale de l’armement (DGA) a autorisé la livraison aux forces armées d’un premier lot de 50 missiles et de 20 postes de tir du système de missile moyenne portée (MMP). La réception s’est effectuée entre le 15 et le 23 novembre. Ce système d’arme remplacera progressivement les missiles Milan, HOT sur VAB et en partie ERYX.

Il équipera les unités d’infanterie et de cavalerie de l’armée de Terre, ainsi que les forces spéciales des trois armées. Le programme MMP prévoit au total un parc interarmées constitué de 400 postes de tir et de 1750 missiles d’ici 2025. Le système d’arme sera déployé en opérations courant 2018.

La DGA, qui a notifié en 2013 le contrat MMP à la société MBDA, a qualifié le système en juillet dernier, ouvrant la voie à la production en série. Les tirs étatiques à vocation technico-opérationnelle réalisés entre août et octobre 2017 à Bourges au centre DGA Techniques terrestres avec le concours des experts opérationnels de la section technique de l’armée de Terre (STAT) ont souligné les performances du système et confirmé qu’il répondait au besoin des forces armées.

Grâce à la mise à contribution des experts de l’armée de Terre depuis le début de son développement et jusqu’à sa qualification, le MMP bénéficie du retour d’expérience des engagements opérationnels récents. Il intègre à la fois les capacités « tire et oublie » et « homme dans la boucle ». La première permet d’atteindre un objectif fixe ou mobile sans action du tireur pendant le vol. La deuxième permet au tireur de changer de cible en cours de vol, d’affiner le point d’impact ou de dévier le tir ; elle ouvre également la voie au tir au-delà de la vue directe sur objectif masqué. Le système d’arme peut être mis en œuvre par le tireur de jour comme de nuit.

La polyvalence de sa charge militaire permet de traiter une grande variété d’objectifs tels que des blindés, des véhicules, des infrastructures ou du personnel. Sa très grande précision autorise des frappes à plus de 4 000 mètres. Enfin le missile est capable d’être tiré depuis un espace clos, une caractéristique essentielle pour le combat en zone urbaine. Le MMP sera également mis en œuvre à partir de l’engin blindé de reconnaissance et de combat Jaguar dès sa livraison en 2020.